ADALOGIS 26
(Bourse aux logements locatifs adaptés ou adaptables)

LE LOGEMENT
des PERSONNES à MOBILITE REDUITE en DRÔME

RESULTATS de l’ENQUETE réalisée par l’APF entre mai et novembre 2000

Face aux difficultés que rencontrent les personnes à mobilité réduite pour trouver un logement accessible et adapté à leurs besoins, l’APF (Association des Paralysés de France) et le CALD (Centre pour l’Amélioration du Logement en Drôme), soutenus par le Conseil Régional Rhône Alpes, la CRAM (Caisse Régionale de l’Assurance Maladie), le Conseil Général de la Drôme et la Fondation de France ont souhaité créer un service qui permettra de mieux mettre en relation l’offre de logements adaptés et la demande des personnes.

Trois opérations sont menées conjointement :

  • 1. Réalisation d’une étude sur la situation actuelle des personnes afin de mieux cerner leurs conditions de logement, les obstacles qu’elles rencontrent, leurs souhaits pour l’avenir.

L’enquête a été confiée à l’APF et fait l’objet de ce compte-rendu.

  • 2. Recensement du parc de logements locatifs accessibles, adaptés et adaptables avec l’aide des bailleurs publics dans un premier temps, des bailleurs privés dans un deuxième temps.

  • 3. Mise en place d’un site internet (ADALOGIS 26), accessible aux personnes comme aux services, permettant la mise en relation des offres et des demandes de logements locatifs adaptés ou adaptables ; communication externe sur l’existence de ce site.


    I - METHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE

800 questionnaires (anonymes) ont été envoyés auprès des adhérents et usagers de l’APF, complétés par des personnes connues d’autres associations et services partenaires - l’AFM (Association Française contre la Myopathie), l’UDAF Drôme, le Domaine du Plovier, le Service social de la CPAM.

Face à l’augmentation d’une population vieillissante, la consultation a été élargie aux personnes âgées, grâce à la coopération des services d’aide à domicile gérés par les Mutuelles de la Drôme

400 questionnaires reçus, 350 réponses analysées.

L’importance du nombre de réponses reçues, souvent accompagnées de commentaires écrits, montre l’acuité du problème du logement pour les personnes interrogées.

II - CARACTERISTIQUES DES PERSONNES

50 % des personnes ont entre 18 et 60 ans ; l’autonomie de cette population considérée comme active, s’avère primordiale pour leur insertion professionnelle et sociale.

Pour les 43 % des personnes de plus de 60 ans, on peut considérer que le handicap est dû à l’âge, avec une relative prudence puisque parmi les personnes de 60 à 75 ans, certaines relèvent de l’APF (16 % de ses usagers et adhérents). Ceci explique que les résultats sur la tranche des personnes de 60 à 75 ans est souvent intermédiaire entre handicap moteur (-60 ans) et handicap dû à l’âge (+75 ans).

Une mobilité en fauteuil roulant prépondérante

Le fauteuil roulant, manuel ou électrique, est utilisé par 61 % des personnes ayant moins de 60 ans.

Par contre, il ne représente plus que 39 % pour les 60-75 ans et 10 % pour les plus de 75 ans.

Le handicap semble moins lourd chez les personnes âgées vivant à domicile, ce qui se confirme par une impossibilité à la marche pour 13 % d’entre eux contre 29 % pour les moins de 60 ans.

46% des personnes estiment que leur handicap est évolutif

la plupart à cause d’une maladie évolutive pour les moins de 60 ans mais également par l’aggravation du handicap dû à l’âge pour les plus de 75 ans (59 % d’entre eux répondent dans ce sens).

Dans cette situation, il y a nécessité de prévoir un logement adapté même si l’appareillage n’est pas encore conséquent.

Composition des familles

33 % des personnes vivent seuls (70 % pour les plus de 75 ans) alors que 60 % en moyenne des personnes entre 18 et 60 ans sont célibataires. Ceci confirme la dépendance à l’entourage. Vivre seule de façon autonome reste difficile pour une personne handicapée.

III - LE LOGEMENT ACTUEL

43% des personnes ont dû déménager à la survenue du handicap

En rapprochant ces chiffres de l’autonomie dans le logement, on ne constate pas une réelle différence ce qui signifie que le déménagement n’apporte pas, pour l’instant, une réelle solution à une meilleure autonomie.

58% des personnes disent avoir rencontré des difficultés à trouver un logement.


La majorité (62%) parce qu’il n’y avait pas d’offre de logements adaptés.

La population se répartit, par moitié, en zone rurale et urbaine.

avec un taux des plus de 75 ans nettement plus bas (13%), pour Valence et sa région (le questionnaire a été envoyé principalement en zone rurale).

Plus de la moitié des personnes sont propriétaires (58 %).

Par contre, si 68 % des personnes entre 60 et 75 ans sont propriétaires, il n’en reste plus que 50 % pour les plus de 75 ans.

La personne vieillissante redevient t’elle locataire ?

67 % des personnes interrogées logent dans une maison individuelle (62 % pour les plus 75 ans).

Les appartements se répartissent de façon équivalente à l’étage ou au rez de chaussée ;

(Pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant, 34 % sont en étage, 48 % en rez-de-chaussée).

Plus de 49 % des personnes occupent leur logement depuis plus de 10 ans (68 % pour les plus de 75 ans) mais la durée d’occupation du logement joue peu sur le degré d’autonomie.

Ce constat confirme le ressenti des personnes travaillant autour de la personne handicapée, à savoir qu’il existe une résignation quant aux conditions de vie, même si elles sont difficiles : l’absence de réponse en logement adapté en est principalement la cause exprimée.

Globalement, les personnes sont satisfaites quant à la surface du logement (86 %) et au montant du loyer (73 %).

IV – SATISFACTION QUANT AU LOGEMENT ACTUEL

Autonomie dans le logement

64% des personnes interrogées estiment n’avoir aucune autonomie ou une autonomie partielle, dont 94 % des personnes en fauteuil roulant électrique et 76 % des personnes en fauteuil roulant manuel.

24% n’ont aucune autonomie en logement HLM
16% en locatif privé
10% comme propriétaire

Devenir propriétaire devient souvent une obligation pour accéder à un logement autonome.

Des difficultés dès l’entrée…

48 % des personnes circulent en fauteuil roulant manuel ne peuvent sortir seuls de leur logement.

Le taux passe à 69 % lorsqu’ils sont en fauteuil roulant électrique.

10 % ne peuvent pas sortir du tout de chez elles à cause de l’inaccessibilité de leur logement (escaliers, ascenseurs trop petits…)

Le logement devient une prison…

L’adaptation des pièces à l’intérieur du logement reste notablement insuffisante

Les sanitaires
43 % des personnes trouvent que leur utilisation est partielle voire impossible,
Si les personnes se déplacent en fauteuil roulant, le taux d’insatisfaction monte à
65 %.

La cuisine
40 % trouve que l’adaptation est insuffisante ; 64 % si les personnes sont en fauteuil roulant.

Les autres pièces
35 % trouve qu’elle est insuffisantes ; 51 % pour les personnes en fauteuil roulant.

L’Accès aux commerces est difficile ou impossible pour 60 % des personnes interrogées ; le taux passe à 75 % pour les personnes se déplaçant en fauteuil

V- PERSPECTIVES

36 % des personnes souhaiteraient déménager si leur recherche était facilitée.

50% si elles ont moins de 60 ans

21 % si elles ont entre 60 et 75 ans,

15 % si elles ont plus de 75 ans.

Les demandes de relogement concernent principalement des personnes jeunes

68 % optent pour le statut de locataire et 45 % des personnes désirent occuper un appartement.

60 % des personnes accepteraient de changer de commune (1/3 pour les plus de 75 ans).

Les F3 et F4 sont plébiscités ;

très peu l’appartement de type F1, même quand la personne vit seule, car le logement est souvent trop petit pour permettre la circulation d’un fauteuil

Zone géographique

La région de Valence est plébiscitée par 41 % des personnes (proximité des services de soins, d’aide humaine, centre de rééducation ?)) au détriment de la Vallée de la Drôme et de la Drôme des Collines.

Si le choix en milieu rural ou urbain reste équilibré (53 % en rural, 42 % en urbain) les personnes de plus de 60 ans préfèrent le milieu urbain (plus des 2/3)

 

Adaptations nécessaires

L’adaptation des portes, des sanitaires, et le choix de la douche sont nécessaires pour 70 % des personnes recherchant un logement.

53 % des personnes auraient besoin de volets roulants ; 19 % de domotique.

Les chiffres baissent fortement pour les plus de 60 ans : une moyenne de 10 % pour l’ensemble des adaptations.

Mais 18 % des personnes n’ayant aucun appareillage demandent des adaptations spécifiques (évolution du handicap dû à la maladie ou à l’âge).

Les 2/3 des personnes recherchent un logement depuis plus de 6 mois

78 % des personnes plébiscitent la mise en place de la Bourse aux logements.

CONCLUSION

Face à l’ensemble des difficultés vécues quotidiennement par les personnes à mobilité réduite dans leur logement, la prise en compte de l’accessibilité et de l’adaptabilité du logement dès sa conception ou lors de sa réhabilitation est primordiale .

Le souhait de vivre à domicile le plus longtemps possible est manifeste. Cette possibilité passe en priorité par le logement adapté, facteur d’insertion reconnu par tous.

C’est la base d’une autonomie préservée ou retrouvée.

 

Pour plus d’informations concernant cette enquête, vous pouvez contacter la Délégation

APF DE LA DROME

Association des Paralysés de France
17, rue Giuseppe Verdi B.P. 48
26902 Valence Cedex 9