Face aux difficultés que rencontrent les personnes à mobilité réduite pour trouver un logement accessible et adapté à leurs besoins, l’APF (Association des Paralysés de France) et le CALD (Centre pour l’Amélioration du Logement en Drôme), soutenus par le Conseil Régional Rhône Alpes, la CRAM (Caisse Régionale de l’Assurance Maladie), le Conseil Général de la Drôme et la Fondation de France ont souhaité créer un service qui permettra de mieux mettre en relation l’offre de logements adaptés et la demande des personnes. Trois opérations sont menées conjointement :
L’enquête a été confiée à l’APF et fait l’objet de ce compte-rendu.
800 questionnaires (anonymes) ont été envoyés auprès des adhérents et usagers de l’APF, complétés par des personnes connues d’autres associations et services partenaires - l’AFM (Association Française contre la Myopathie), l’UDAF Drôme, le Domaine du Plovier, le Service social de la CPAM. Face à l’augmentation d’une population vieillissante, la consultation a été élargie aux personnes âgées, grâce à la coopération des services d’aide à domicile gérés par les Mutuelles de la Drôme 400 questionnaires reçus, 350 réponses analysées. L’importance du nombre de réponses reçues, souvent accompagnées de commentaires écrits, montre l’acuité du problème du logement pour les personnes interrogées. II - CARACTERISTIQUES DES PERSONNES
Une mobilité en fauteuil roulant prépondérante
46% des personnes estiment que leur handicap est évolutif la plupart à cause d’une maladie évolutive pour les moins de 60 ans mais également par l’aggravation du handicap dû à l’âge pour les plus de 75 ans (59 % d’entre eux répondent dans ce sens). Dans cette situation, il y a nécessité de prévoir un logement adapté même si l’appareillage n’est pas encore conséquent. Composition des familles 33 % des personnes vivent seuls (70 % pour les plus de 75 ans) alors que 60 % en moyenne des personnes entre 18 et 60 ans sont célibataires. Ceci confirme la dépendance à l’entourage. Vivre seule de façon autonome reste difficile pour une personne handicapée. III - LE LOGEMENT ACTUEL 43% des personnes ont dû déménager à la survenue du handicap En rapprochant ces chiffres de l’autonomie dans le logement, on ne constate pas une réelle différence ce qui signifie que le déménagement n’apporte pas, pour l’instant, une réelle solution à une meilleure autonomie. 58% des personnes disent avoir rencontré des difficultés à trouver un logement.
La population se répartit, par moitié, en zone rurale et urbaine. avec un taux des plus de 75 ans nettement plus bas (13%), pour Valence et sa région (le questionnaire a été envoyé principalement en zone rurale).
67 % des personnes interrogées logent dans une maison individuelle (62 % pour les plus 75 ans). Les appartements se répartissent de façon équivalente à l’étage ou au rez de chaussée ; (Pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant, 34 % sont en étage, 48 % en rez-de-chaussée). Plus de 49 % des personnes occupent leur logement depuis plus de 10 ans (68 % pour les plus de 75 ans) mais la durée d’occupation du logement joue peu sur le degré d’autonomie. Ce constat confirme le ressenti des personnes travaillant autour de la personne handicapée, à savoir qu’il existe une résignation quant aux conditions de vie, même si elles sont difficiles : l’absence de réponse en logement adapté en est principalement la cause exprimée. Globalement, les personnes sont satisfaites quant à la surface du logement (86 %) et au montant du loyer (73 %). IV – SATISFACTION QUANT AU LOGEMENT ACTUEL Autonomie dans le logement
Des difficultés dès l’entrée… 48 % des personnes circulent en fauteuil roulant manuel ne peuvent sortir seuls de leur logement. Le taux passe à 69 % lorsqu’ils sont en fauteuil roulant électrique. 10 % ne peuvent pas sortir du tout de chez elles à cause de l’inaccessibilité de leur logement (escaliers, ascenseurs trop petits…) Le logement devient une prison… L’adaptation des pièces à l’intérieur du logement reste notablement insuffisante Les sanitaires La cuisine Les autres pièces L’Accès aux commerces est difficile ou impossible pour 60 % des personnes interrogées ; le taux passe à 75 % pour les personnes se déplaçant en fauteuil V- PERSPECTIVES 36 % des personnes souhaiteraient déménager si leur recherche était facilitée. 50% si elles ont moins de 60 ans 21 % si elles ont entre 60 et 75 ans, 15 % si elles ont plus de 75 ans. Les demandes de relogement concernent principalement des personnes jeunes 68 % optent pour le statut de locataire et 45 % des personnes désirent occuper un appartement. 60 % des personnes accepteraient de changer de commune (1/3 pour les plus de 75 ans).
Zone géographique
Adaptations nécessaires L’adaptation des portes, des sanitaires, et le choix de la douche sont nécessaires pour 70 % des personnes recherchant un logement. 53 % des personnes auraient besoin de volets roulants ; 19 % de domotique. Les chiffres baissent fortement pour les plus de 60 ans : une moyenne de 10 % pour l’ensemble des adaptations. Mais 18 % des personnes n’ayant aucun appareillage demandent des adaptations spécifiques (évolution du handicap dû à la maladie ou à l’âge). Les 2/3 des personnes recherchent un logement depuis plus de 6 mois 78 % des personnes plébiscitent la mise en place de la Bourse aux logements. CONCLUSION Face à l’ensemble des difficultés vécues quotidiennement par les personnes à mobilité réduite dans leur logement, la prise en compte de l’accessibilité et de l’adaptabilité du logement dès sa conception ou lors de sa réhabilitation est primordiale . Le souhait de vivre à domicile le plus longtemps possible est manifeste. Cette possibilité passe en priorité par le logement adapté, facteur d’insertion reconnu par tous. C’est la base d’une autonomie préservée ou retrouvée.
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